Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /2008 22:28

Dans la vie raconte l’histoire de l'amitié inattendue entre deux femmes soixantenaires, l’une arabe et l’autre juive. Toutes deux vivent dans le Sud de la France, toutes deux ont émigré d’Algérie, il y a bien longtemps. La femme juive, Esther, est paraplégique et a un caractère bien trempé. On s’attend à ce qu’à tout moment, une friction ait lieu entre ces deux femmes, d’autant qu’Halima devient son auxiliaire de vie, et se met donc à son service. Or, point de rixe, ou très peu. C’est la force du film et sa limite . Sa force,car il montre que Juifs et Arabes n’entrent pas forcément en conflit, malgré les informations qu’ilsregardent quotidiennement à la télé, et qui ne cessent de relater la violence qui les oppose au Proche-Orient. Un moment, j’ai pensé que le film nous racontait que, tant qu’il n’y a pas de territoire en jeu (comme la Palestine), il n’y a pas de raison qu’il y ait conflit. Peut-être. On s’attend à tout moment à ce que la situation géo-politique déteigne sur leur relation, qui ne va pourtant que se solidifier avec le temps. Esther, déprimée par sa dépendance et son ennui, rencontre avec Halima une femme de son âge qui vient du même pays qu’elle, avec qui elle retrouve rires et complicité. Là est peut-être la limite du film, qui, par des plans toujours justes (distance, durée) mais pas très esthétiques (couleurs et lumières fades), ne nous raconte que cela : une douce amitié.

Il est vrai que la générosité et l’allégeance d’Halima sont admirables et mettent du baume au cœur ; il est vrai que ces deux actrices non professionnelles occupent leur place devant la caméra avec grâce. Ce n’est pas tout à fait le cas des autres acteurs (Philipe Faucon lui-même, entre autres) à qui le rythme des répliques fait souvent défaut et plombe les scènes. Mais ce n’est pas si grave, car Dans la Vie est un film naturaliste qui ne prétend pas être plus qu’il n’est : une simple histoire d’humanité.
Philippe Faucon veut-il ainsi colporter de l’espoir, quand plus personne ne croit que la guerre en Palestine/Israël cessera un jour ?

C’est l’histoire d’une amitié entre deux ennemies potentielles, dont le statut de déracinées prime sur une éventuelle hostilité. Le problème, justement, dans la guerre, c’est le partage impossible d’un terrain, qui empêche de se trouver, comme elles, un terrain de partage.

Par jeanne dressen - Publié dans : films
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  • : jeanne dressen
  • lalune
  • : Femme
  • : 19/07/1976
  • : paris
  • : cinéma culture actualité films critique
  • : Je suis réalisatrice d'un film documentaire, pigiste pour CinéCinéma et cadreuse.

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