MR 73- de Olivier Marshall - l’incarnation de Daniel Auteuil

Publié le par jeanne dressen

 MR73 est un bon polar. A mon sens bien meilleur que l’indélicat (du point de vue de la mise en scène, du scénario et de l’omni-présence de la musique) 36 quai des Orfevres.

Le policier qu’incarne Daniel Auteuil se fait peu à peu écarter de la police à cause de son alcoolisme et de son franc-parler. Mais il tient à clore l’enquête pour laquelle il était missionné et la mènera à bien, au détriment de lui-même. Intelligent, vindicatif et réactif, il dépassera largement ses attributions.

La mise en scène rend bien compte d’un univers policier présenté ici comme un trou à rats sombre et malsain. Mais ce qui fascine et émeut avant tout dans le film, c’est Daniel Auteuil. En justicier blessé, en policier alcoolique et détruit, en homme brisé. Derrière ses lunettes aux verres teints, on distingue mal son regard. C’est un élément important sur lequel l’acteur, ici,  ne peut pas compter. Il joue donc du reste de son corps, fourbu par le poids de la douleur. Héros qui renaît de ses cendres et dépasse ses limites quand il s’agit de rendre justice, il pousse, à la mort d’un ami, un cri de douleur qui rappelle celui d’Harvey Keitel dans Bad Lieutenant. Deux magnifiques  hurlements de loup pour manifester l’insupportable qui rend fou, et qu’il faut extraire de soi. Deux policiers écrasés par la douleur. Il y a un troisième flic charismatique et alcoolique, c’est Yves Montand dans Le Cercle rouge de Melville. Au cinéma décidément, la drogue et la douleur réussissent aux flics.       http://lalune.over-blog.org                    


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Publié dans films

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J
Je suis d’accord avec toi, Jeanne, sur deux points. Un, le film tient. Deux, Daniel Auteuil fait ici une super performance d’acteur « dramatique ». Mais personnellement, ce « genre » de films m’ennuie un peu. Combien de morts encore à la fin ? Bien sûr, j’adore cette image où le Christ est inondé de sang ! La violence n’est peut-être pas gratuite. On dirait que le réalisateur tente de nous dire quelque chose qui touche à la philosophie… Mais, pour moi, c’est trop de sang, même quand on est en colère… J’aimerai un « autre cinéma français ». Pas celui des comédies lourdingues. Un autre… <br /> Un jour, j’ai vu Daniel Auteuil qui promenait son chien sur l’île Saint Louis. Il faisait très beau. Je lui ai dit que j’avais aimé « Peindre ou faire l’amour » et que justement j’étais sur le point d’aller voir « Caché » de Mickael Haneke, avec Juliette Binoche. Il m’a répondu qu’il faisait tantôt des films pour « lui », tantôt des films pour « moi ». Je pense qu’il considérait que « Caché » était un film pour lui. Il était bon là-dedans… Cela dit, je ne peux imaginer que « 15 ans et demi » soit un film pour « moi », parce que je boycotte ce genre de cinéma… <br /> En parlant du dernier Haneke, « Funny games US » m’a fait flipper trois bons jours de suite ! Trois nuits… Impossible de trouver le sommeil. J’y repensais, comme on ressasse un cauchemar. Je ne suis pas masochiste, mais j’aime Michael Pitt et Naomi Watts, l’affiche me décidait à aller, « braver »... Je choisis un jour où j’étais psychologiquement particulièrement solide et je fis bien, car l’espoir, dans ce film, est sans retour… Pourtant, je n’ai pas trouvé que la violence était gratuite ! Et c’est ça qui est inquiétant, d’un point de vue social, et pour les US, et pas seulement pour les US… L’état du monde fait froid dans le dos.<br /> <br /> Paris, le 11 mai 2008<br /> Jeanne Morisseau<br /> www.pascalejeannemorisseau.com
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